Clap de fin pour un projet de restauration à Wellin

 

Au nord-ouest de Chanly, une exploitation de Douglas plantés sur une colline calcaire ("tienne") a fait place à une prairie mésophile et à un pré-verger dans le cadre d’un projet de restauration écologique. Démarré en juin 2019, ce projet, tout récemment finalisé, s’est déroulé en deux phases.

Sur une partie du tienne, une première phase de travaux de restauration consistait à restaurer une prairie mésophile et quelques poches de pelouses sèches calcaires typiques de la région ("Calestienne"). Ces types de prairie offrent, généralement, un cortège floristique très intéressant. Une seconde phase a consisté à planter un verger conservatoire dit "hautes-tiges". L’objectif de cette restauration est de constituer un pré-verger bénéfique pour de nombreuses espèces animales comme certaines chauves-souris (sérotine commune, vespertilion à oreilles échancrées) recensées à proximité de la zone de projet. Ce pré-verger jouxte une magnifique chênaie-charmaie et est entouré de beaux chênes sessiles.

Durant la première phase, un épandage de foin et la mise en place d’une clôture ont été réalisés. Afin d’accueillir le foin, une préparation du sol était nécessaire. Pour ce faire, les rémanents de la coupe de Douglas ont été peignés sur le bas de la colline. S’en est suivi un broyage de ces rémanents et des souches à l’aide d’un broyeur tracté. Le sol étant fortement caillouteux, un fraisage superficiel n’a logiquement pas été envisagé.

Après cette étape préparatoire, un épandage de foin a été effectué en juillet 2019. Ce foin provenait d’une prairie-source floristiquement intéressante et adaptée aux conditions stationnelles sélectionnée par un de nos conseillers en MAEC. Comme le montrent les photographies, plusieurs étapes ont été nécessaires pour cet épandage. L’entrepreneur a utilisé une méthode pour le moins original pour épandre le foin mais dont la grande efficacité a été confirmée par la suite : une ancienne épandeuse à fumier. En vue de contenir les moutons qui entretiennent extensivement la prairie, une clôture a ensuite été placée.

Une seconde phase s’est déroulée durant l’automne 2020. Il s’agissait de mettre en place un verger conservatoire sur la partie basse de la colline. Ce verger conservatoire est constitué d’un mélange diversifié de variétés rustiques de pommiers, pruniers et cerisiers. Sur ce type de sol, la plantation fut assez laborieuse … le travail collectif était donc de mise. Une mesure préventive a été prise par l’entrepreneur : un géotextile de coco a été placé au niveau du sol pour réduire le stress hydrique que connaissent les arbres fruitiers.

En 2020, un inventaire floristique a montré que plus d’une soixantaine de plantes étaient présentes sur la zone épandue. En 2021, quelques espèces supplémentaires ont également été recensées. Ainsi, l’amourette, le brome érigé, la petite pimprenelle, le petit rhinanthe, la grande marguerite, la vulnéraire, la réglisse sauvage … se mêlent à l’ancolie, l’euphorbe faux-cyprès, la mercuriale vivace ou encore la primevère officinale déjà présentes sur le site. Toutes ces espèces sont, bien évidemment, profitables pour de nombreux insectes pollinisateurs.

Entre ces deux phases et conjointement au pâturage, il a fallu au propriétaire un peu d’huile de coude pour gérer certaines plages de cirses des champs, ronciers ou encore pour extirper quelques séneçons du Cap. Ces actions s’amenuiseront au gré du temps pour atteindre un couvert contrôlable de ces espèces.

Nous tenons à remercier les différents professionnels qui ont grandement participé à la réussite de ce projet !

 

Date: 23-08-2021