Le 13 février 2026, la Wallonie adoptait une nouvelle version de la BCAE 5 (Bonne Condition Agricole et Environnementale), dédiée à la protection des sols contre l’érosion. Objectifs: limiter l’érosion diffuse, préserver la productivité des terres et accompagner les agriculteurs vers des pratiques durables. Mais comment cette mesure se traduit-elle concrètement sur le terrain? Plongeons dans le récit d’un agriculteur qui, grâce à un diagnostic précis et des aménagements ciblés, a pu stabiliser ses parcelles et se mettre en conformité, en vue de l’application complète de la mesure au 1er janvier 2027.
1. Le constat: une ravine qui menace la productivité
Tout commence par un signal d’alerte : une ravine apparaît sur la parcelle A d’un agriculteur wallon. Cette parcelle, située en aval d’une autre (parcelle B, exploitée par un voisin), présente une pente de 5% sur 400 mètres et des zones de concentration du ruissellement. Les pratiques culturales diffèrent entre les deux parcelles:
- Parcelle A: non-labour quand le sol le permet, intercultures longues, rotations de cultures de printemps une année sur deux.
- Parcelle B: labour d’hiver, pas d’interculture longue, cultures de printemps deux années sur trois.

Image du parcellaire avant les aménagements
Résultat: la combinaison labour d’hiver et faible couverture végétale sur la parcelle B a fragilisé la structure du sol, favorisant la formation d’une ravine. Celle-ci s’est ensuite étendue à la parcelle A, réduisant la surface cultivable et compliquant les travaux.
2. Le diagnostic: identifier les causes et les solutions
L’agriculteur fait appel à l’équipe Protection des Sols de Natagriwal, qui réalise un diagnostic complet:
- Analyse de la pente et des axes de ruissellement.
- Évaluation des pratiques culturales en amont et en aval.
- Identification des points critiques où l’eau s’accumule et érode le sol.
Verdict: il faut ralentir le ruissellement, stabiliser les sols et protéger les parcelles en aval.
3. Les aménagements : des solutions sur mesure
Pour répondre à ces enjeux, plusieurs aménagements anti-érosion sont proposés et mis en place:
- Bandes enherbées: une bande perpendiculaire à la pente divise la parcelle A en deux, créant une nouvelle parcelle (C). Une seconde bande, renforcée par une haie, est implantée en bordure de la parcelle B. Ces aménagements freinent l’eau et piègent les sédiments.
- Fascine: installée en amont de la parcelle A, cette structure végétale filtre et ralentit l’eau, réduisant son pouvoir érosif et empêchant la formation de nouvelles ravines.

La fascine vient d’être installée et la ravine rebouchée
Un an plus tard: la ravine a presque disparu, la haie s’installe progressivement, et le sol retrouve sa stabilité.

La fascine, un an après l’installation
4. La BCAE 5 dans tout ça?
Grâce à ces aménagements, la parcelle C (issue du découpage) passe en classe 2 et n’est plus soumise à la BCAE 5. La parcelle A, classée en catégorie 4, reste concernée par la réglementation, mais les bonnes pratiques culturales (couverture des sols, réduction du travail du sol, etc.) et les aménagements permettent à l’agriculteur d’être en conformité complète.

Image du parcellaire après les aménagements
Leçon à retenir: chaque exploitation est unique. L’avis du conseiller est crucial pour adapter les solutions et garantir la conformité, tout en préservant la productivité des sols.
En résumé: des sols protégés, une exploitation durable
Ce cas concret illustre comment diagnostic, aménagements ciblés, bonnes pratiques culturales et accompagnement technique permettent de:
- Lutter efficacement contre l’érosion
- Préserver la productivité des parcelles
- Se mettre en conformité avec la BCAE 5
Et vous, avez-vous déjà été confronté à des problèmes d’érosion sur vos parcelles? Partagez vos expériences ou posez vos questions, l’équipe de Natagriwal est là pour vous accompagner!
Contactez le·la conseiller·ère de votre région par email protection.sols@natagriwal.be ou téléphone au 0497 05 46 50.









