Les papillons de jour en hausse dans les bandes fleuries wallonnes


Selon l’indice européen des papillons de jour, ces derniers ont connu un déclin d’abondance de 39% au cours des trente dernières années. Pour cause, la diminution des ressources florales, responsable du déclin général des insectes butineurs. Les bandes aménagées à fleurs des prés (mesure agro-environnementale et climatique MC8c) sont une des méthodes proposées aux agriculteurs wallons pour limiter cette perte de biodiversité. Semées le long des cultures, ces bandes fleuries offrent nourriture (nectar et pollen) et sites de reproduction aux insectes butineurs.
 

De gauche à droite : Piéride de la rave (Pieris rapae), Demi-deuil (Melanargia galathea) et Myrtil (Maniola jurtina) butinant la Centaurée jacée

Couple de Collier-de-corail (Aricia agestis), posé sur du Lotier corniculé

Depuis plus de 10 ans, la cellule scientifique de Natagriwal suit les populations de papillons de jour au sein des bandes fleuries wallonnes. Pour cela, quatre recensements ont lieu chaque année entre mai et août. Plus de 84 000 papillons ont ainsi été comptabilisés entre 2010 et 2020, pour un total de 56 espèces. Parmi les espèces les plus abondantes, on retrouve principalement des espèces communes telles que le Myrtil, la Piéride de la rave et l’Azuré commun. Des espèces plus rares, voire protégées en Wallonie, ont également été observées. Citons le Collier-de-corail, le Petit nacré ou encore l’Azuré de trèfle, anciennement considéré comme éteint dans la région.

Entre 2010 et 2020, les populations de papillons dans les bandes fleuries ont connu une croissance globale de 82%. Cette croissance concerne principalement les espèces inféodées aux milieux ouverts, représentant près de la moitié de la diversité observée. Deux hypothèses sont proposées pour expliquer cette hausse. Premièrement, les conditions météorologies régionales durant les mois d’observation sont devenues plus favorables pour les papillons, c’est-à-dire, plus chaudes et plus sèches. Deuxièmement, l’âge des bandes. Le maintien sur le long terme des bandes fleuries pourrait avoir favorisé les populations de papillons. Les plus grandes diversité et abondance ont en effet été observées dans les bandes les plus anciennes. Grâce au renouvellement des engagements, certaines bandes sont en place depuis plus de 14 ans ! Il est fort probable que les deux hypothèses aient agi de manière complémentaire sur l’augmentation des populations de papillons.

De plus, une étude menée en 2020 a mis en avant que les papillons butinaient majoritairement les espèces semées. La Centaurée jacée était la principale espèce visitée par les papillons. A son pic de floraison fin juin, cette espèce est responsable de plus de 90% du nectar produit par les bandes fleuries. D’autres plantes appréciées des papillons sont le Lotier corniculé et la Luzerne cultivée, qui se répand spontanément dans les bandes. Il a aussi été noté que les ressources nectarifères proposées par les bandes fleuries étaient relativement faibles avant juin. C’est pourquoi les mesures favorisant les papillons et autres insectes butineurs doivent être considérées à l’échelle du paysage. Combinées aux bandes fleuries, les haies et lisières forestières permettent notamment d’offrir des ressources tout au long de la saison, en plus de constituer un abri pour les papillons.

Plus d’informations sur les bandes aménagées à fleurs des prés

https://link.springer.com/article/10.1007%2Fs10841-021-00347-2

 

Date: 19-10-2021