Vidéo - LA GESTION RAISONNÉE DES ANTIPARASITAIRES


Une gestion raisonnée des antiparasitaires dans un troupeau favorise l’immunité des animaux et ralentit l’apparition de résistance des parasites, tout en préservant la biodiversité dans l’environnement. Bien souvent, cela permet aussi à l’éleveur ou au propriétaire de l’animal de faire des économies, en choisissant les molécules les plus adaptées à l’état parasitaire de ses animaux et en ne vermifugeant que lorsque c’est nécessaire.
 


Caroline Vanvinckenroye, éleveuse de bovins à Les Waleffe (Hesbaye)
Ariane Meersschaert, vétérinaire à Natagriwal

Vidéo issue de la Série vidéo de la FUGEA "Vers une agriculture durable",
témoignages de 20 agriculteurs et expert sur 20 pratiques agricoles menant à une agriculture plus durable.


Une démarche pour favoriser l’immunité des animaux, tout en préservant la biodiversité dans l’environnement

Tout propriétaire ou éleveur souhaite préserver la santé de ses animaux. La gestion du parasitisme chez les bovins, ovins, caprins et équins doit néanmoins se faire selon une démarche réfléchie pour deux raisons principales :

  • - L’enjeu sanitaire : éviter la surprotection des animaux (surtraitement) 
      afin de favoriser leur immunité naturelle et limiter le phénomène de résistance chez les parasites.
  • - L’enjeu écologique : certaines substances antiparasitaires ont un impact négatif sur la biodiversité. 
      Elles sont toxiques pour les insectes coprophages qui jouent un rôle essen­tiel dans l’écologie des prairies
      (recyclage de la matière organique, source de nourriture pour les animaux insectivores, etc.).

Les parasites, ennemis numéro 1 à éliminer à tout prix ? Jusqu’à récemment, les molécules antiparasitaires (vermifuges) ont été utilisées massivement. C’est notamment le cas de l’ivermectine, reconnue comme toxique pour certains insectes vivants dans les matières fécales des animaux vermifugés.

L’utilisation intensive d’antiparasitaires a aussi comme conséquence l’apparition de résistance.  C’est-à-dire que certains vermifuges n’ont plus aucun effet sur certains groupes de parasites. Ce phénomène, qui est principalement observé chez les petits ruminants et chez les chevaux, est inquiétant. D’autant plus que les firmes pharmaceutiques n’investissent plus réellement dans le recherche de nouvelles molécules. L’arsenal thérapeutique diminue, il faut mieux gérer le peu de molécules encore efficaces. Pour gérer ce phénomène de résistance, le plus important est de ménager une population dite refuge. Une population refuge, c’est le fait d’avoir dans ses pâtures ou dans le troupeau, des larves de parasites ou des adultes non exposés aux vermifuges. Ces parasites, dit « sensibles » permettent de diluer la population de parasites résistants.

La coproscopie est actuellement l’outil le plus important pour la mise en place d’un traitement antiparasitaire ainsi que pour évaluer l’efficacité de celui-ci et déterminer le statut excréteur des animaux. Cette analyse permet de quantifier le nombre d’œufs de parasites par gramme de matières fécales. L’interprétation des résultats se fait en collaboration avec le vétérinaire de l’animal ou de l’exploitation, et l’examen clinique prévaut toujours sur ces analyses de laboratoires.

Lorsque l’état parasitaire des animaux est connu, le choix des molécules à utiliser est plus facile à faire, et souvent une molécule à moindre spectre d’action, et donc moins chère, peut être utilisée. Une bonne gestion des pâtures permet également de contrôler le parasitisme ambiant.

Plusieurs pistes existent pour avoir une gestion plus raisonnée des antiparasitaires. Deux brochures sont disponibles ainsi que des possibilités de bénéficier à certaines conditions de conseils personnalisés et ciblés via notre service vétérinaire : Ariane Meersschaert - 0493 14 05 10.

Eradiquer les parasites est illusoire, il faut apprendre à vivre avec eux …

Date: 15-11-2017