Chauves-souris, loup et agriculture


Dans la newsletter précédente, il était question de "Chauves-souris et élevage: des intérêts réciproques?". Le travail de Nicolas, stagiaire chez Natagriwal en début d’année 2022, a été poursuivi par Wendy, une autre stagiaire, qui s’est intéressée aux chauves-souris et aux loups, deux mammifères en lien avec le monde de l’élevage.

Pour rappel: Natagriwal et Plecotus, le pôle "chauves-souris" de Natagora, collaborent depuis cette année sur un projet de deux ans visant à déterminer si les chauves-souris chassent et s’établissent dans les bâtiments d’élevage. Wendy Rock, étudiante en 3e Bachelier Agronomie, option Technologie Animalière à la Haute Ecole Louvain en Hainaut, a effectué son stage et son travail de fin d’études chez Natagriwal sur ce thème et sur celui de la protection des troupeaux face aux loups en Wallonie. Voici un résumé inspiré de son travail de fin d’études, intitulé : "Moyens actuels quant à la protection de deux espèces de mammifères emblématiques en Natura 2000, en lien avec le monde agricole: le cas des chauves-souris et des loups en Wallonie".

Des chauves-souris dans les étables

En jouant un rôle-clé tant au niveau économique que sanitaire grâce à leur consommation en insectes et autres petits invertébrés, grâce aussi à leur diversité taxonomique et fonctionnelle, leur sensibilité à une grande gamme de facteurs de stress environnementaux et leur grande mobilité, les chiroptères sont des indicateurs pertinents de biodiversité en milieu agricole (Henigfeld C, 2014).

L’étude menée par Natagriwal et Plecotus, qui pourrait être bénéfique aux agriculteurs ainsi que pour la biodiversité de ces milieux, va permettre d’approfondir les connaissances concernant le comportement de chasse des chauves-souris dans les étables, qu’il est important de mieux comprendre afin de proposer des actions concrètes de sensibilisation vers le monde agricole et le grand public. Lors des captures réalisées par Plecotus cet été, on remarque une diversité d’espèces en fonction des régions choisies: des Murins de Natterer (Myotis nattereri) en Fagne-Famenne et quelques Murins de Brandt (Myotis brandtii) et Murins à oreilles échancrées (Myotis emarginatus) en Gaume, avec tout de même une abondance plus importante de Pipistrelles (Pipistrellus pipistrellus) dans chacun des sites.

Un loup face-caméra

Quant au loup, ce grand prédateur présent tout en haut de la chaîne alimentaire et de retour depuis peu en Wallonie, il est censé rétablir un équilibre faune/flore primordial pour favoriser la biodiversité de nos contrées.

Certaines actions et mesures mises en place grâce au Plan Loup Wallon ont pour effet de prévenir les dégâts sur les troupeaux d’animaux domestiques et, par la même occasion, de protéger de manière directe et indirecte les loups, au profit d’une cohabitation plus sereine entre humain et loup. Lors de la mise en place d’un dispositif expérimental chez un éleveur de moutons en Zone de Présence Permanente (ZPP) du loup, le bilan des vidéos obtenues par caméra-piège indique de nombreux passages d’ongulés sauvages et une visite d’un loup en bordure d’une parcelle. L’analyse des différents dispositifs (caméra thermique, détecteurs de mouvement sur les moutons et microphone) se feront ultérieurement, afin de voir comment le troupeau se comporte en temps normal et réagit en présence du prédateur.

Pour plus d’informations à ce sujet, vous pouvez contacter Ariane Meersschaert à l’adresse ameersschaert@natagriwal.be ou au 0493 14 05 10.

 

Date: 20-10-2022