Prairie de haute valeur biologique, outil de préservation des réserves naturelles

 

Orchis brûlé, Orchis bouc, Ophrys frelon, Gymnadénie … la Wallonie abrite plusieurs dizaines d’espèces d’orchidées sauvages. On peut en retrouver partout, mais ce sont les pelouses calcaires qui en abritent le plus, ainsi que de nombreuses autres plantes et insectes rares. Ces pâtures sur des sols calcaires très caillouteux, peu profonds et infertiles font partie des joyaux naturels de la Wallonie. Oui mais …

Au 20e siècle, les surfaces de pelouses calcaires en Wallonie ont considérablement diminué du fait de l’abandon des pratiques agricoles dans ces zones. On y pratiquait notamment le pâturage par des troupeaux de moutons itinérants. Car oui, certains milieux, hauts lieux de biodiversité, sont dépendants de pratiques agricoles pour se maintenir. Ce n’est pas une particularité wallonne, c’est valable dans toute l’Europe. Que l’on pense seulement aux alpages montagnards, si riches en fleurs, que certains chanceux parmi vous pourront enfin voir ou revoir cet été.

L’Ophrys frelon L’Orchis brûlé

L’Orchis brûlé et l’Ophrys frelon : deux orchidées observées cette année sur des pelouses calcaires bénéficiant de la MC4 "prairie de haute valeur biologique".

La cause de cet abandon agricole est assez simple : cette pratique n’est plus rentable selon les critères de vie actuels. Pas assez productive, trop demandeuse en main-d’œuvre pour l’entretien de clôtures sur de fortes pentes et pour l’alimentation en eau souvent absente naturellement. Et c’est là qu’interviennent les Méthodes Agro-Environnementales et Climatiques (MAEC) et particulièrement la MC4 "prairie de haute valeur biologique". Le soutien financier permet à des agriculteurs de maintenir une activité agricole adaptée à ces milieux. Ce soutien est indispensable pour la gestion des réserves naturelles où ces joyaux se nichent le plus souvent. Ce sont ainsi plusieurs centaines d’hectares de réserves naturelles domaniales ou agréées qui bénéficient du soutien des MAEC pour leur gestion, dont une part importante de ces pelouses calcaires, mais pas uniquement. Il y a aussi des marais, des prés de fauche, des pelouses à nard et d’autres milieux dépendants de pratiques agricoles plus ou moins extensives.

Les MAEC ne visent donc pas uniquement à éviter d’intensifier l’ensemble des surfaces agricoles. Elles visent aussi à maintenir dans le giron de l’agriculture des surfaces qui seraient vouées à l’abandon autrement. La production y est essentiellement immatérielle : lieu de promenade, témoignage historique, entretien du paysage, accueil de la faune et de la flore … C’est ça aussi le métier d’agriculteur. 

 

Date: 25-08-2021