Le cordon rivulaire, un tampon efficace pour protéger la rivière

 

Depuis 2017, l’ASBL Natagriwal participe au projet LIFE BNIP "Belgian Nature Integrated Project", dont le but est d’assurer une gestion efficace des sites, des espèces et des habitats Natura 2000 à l’échelle de la Belgique. En Wallonie, le projet comporte plus de 50 actions diversifiées comme la formation des nombreux acteurs de terrain, ou la réalisation de projets de restauration écologique.
 

MAEC et restauration au service du Life BNIP

Parmi les nombreuses actions, Natagriwal est chargé de la restauration de deux habitats prioritaires au niveau européen : les prés de fauche et les forêts alluviales (notamment sous la forme de cordons rivulaires). Les prés de fauche sont des formations végétales installées sur des sols assez fertiles et bien drainés. Ils sont traditionnellement fauchés au début de l’été. Les forêts alluviales sont des forêts périodiquement inondées par les crues.

Une autre mission de Natagriwal dans le cadre du LIFE BNIP consiste en la mise en place d’actions de conservation pour plusieurs espèces se raréfiant. C’est le cas de la barbastelle, une chauve-souris forestière localisée dans le sud du pays, des busards, des rapaces migrateurs qui nichent au sol notamment dans les cultures de céréales, et du brome épais, une graminée qui a disparu de nombreuses régions suite à l’évolution des pratiques agricoles. L’amélioration de l’état de conservation de ces espèces et habitats passe par l’engagement de Mesures Agro-Environnementales et Climatiques (MAEC) ou par la réalisation de projets de restauration dans le cadre du Programme wallon de Développement Rural (PwDR).

Focus sur les cordons rivulaires

Grâce aux subventions à la plantation de la Wallonie et au PwDR, Natagriwal a déjà planté, sur base volontaire, plus de 16 km de cordons rivulaires chez de nombreux agriculteurs. Un cordon rivulaire, ou ripisylve, est défini comme un fragment linéaire de forêt alluviale, un habitat prioritaire au niveau européen. Il est constitué d’un ensemble d’arbres le long des cours d’eau, dont la largeur peut varier d’une simple rangée d’arbres à un élément large de plusieurs mètres.

Les avantages d’une végétation boisée, même réduite, en bord de cours d’eau sont multiples. La ripisylve participe à la qualité du cours d’eau et limite les phénomènes d’érosion. En plus de contribuer au réseau écologique, elle accueille une faune et une flore particulièrement intéressantes, dépendants à la fois du milieu aquatique et terrestre, comme la loutre ou le martin-pêcheur. En outre, par le biais du système racinaire de certaines espèces, comme l’aulne glutineux, la ripisylve offre des sites de nourrissage, de pontes et des caches pour la faune aquatique. Son rôle de "tampon" entre le cours d’eau et le milieu adjacent limite, entre autres, l’eutrophisation des cours d’eau. La ripisylve peut servir de zone d’ombre ou de brise-vent pour le bétail. Enfin, l’entretien d’une partie de la ripisylve par recépage offre un apport non négligeable en bois de chauffage.

Si vous êtes agriculteur.trice et que vous souhaitez valoriser vos terres en bordure de cours d’eau, n’hésitez pas à contacter notre équipe du LIFE BNIP (Kathleen Mercken - kmercken@natagriwal.be - 0493 93 44 60) pour plus d’informations sur les MAEC rivulaires.

 

© J. Hupperet

 

Date: 22-03-2021